Je sais les sanglots du cortège
Ces longues files sans patience
La faim, la soif qui vous assiègent
Ce pain qu'on obtient par la chance

Je sais ces gestes généreux
La main qu'on tend à l'autre main
Où sont les justes les heureux
Le lait qui coule de vos seins

Ô prince, ô prince
Je connais tout en somme
Vous invite au banquet
Car je suis homme qui tout consomme
Car je suis homme qui tout consomme
Je connais tout plus que moi-même
Tous ceux que j'emmène

Je sais les sanglots du cortège
Qui marie un fils à sa fille
Qui voit fleurir le sortilège
Qu'un bel amant jette à sa mie

Je sais la fierté de leurs pères
Qui trônent là l'air ingénu
Je sais l'émotion de leur mères
Qui se mouchoirdent tant et plus

Ô prince, ô prince
Je connais tout en somme
Vous invite au banquet
Car je suis homme qui tout consomme
Car je suis homme qui tout consomme
Je connais tout plus que moi-même
Tous ceux que j'emmène

Je sais les sanglots du cortège
Le poids des croix sur votre dos
Je sais que le fardeau s'allège
Au son des prêches des bons mots

Je sais ces gestes délicats
Ces fleurs qu'on pose sur les fausses
Ces fols éloges d'après cas
Ces leurres qu'on pose sur les fosses

Ô prince, ô prince
Je connais tout en somme
Vous invite à danser
Je suis la mort qui tout consomme
Je suis la mort qui tout consomme
Je connais tout plus que moi-même
Tous ceux que j'emmène


Texte et musique de Franck George – Printemps 1997