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Première nausée au grand matin des vivants,
A l'ombre du Livre, la lumière et le sang, Les chemins portent la foule, la prière mal-pieuse, Les besaces voraces, les chasses pieuses... Seconde larme au grand jour d'une peine à jouir, Et mourir encore en la vue des mauvais rires, Le sot sacrement, le saint regard à l'arrière, Le bouc s'exprime, s'aime et récolte sa terre... Troisième blessure au grand soir des imbéciles, A penser la foi chienne comme la sienne docile, L'étendard infâme, vérité dite haute, Mais se cueille tout en bas, curieuse faute... Dernière affligeance à la grande nuit des cuistres, Se croire en chemin, clouer les rêches épîtres, Les nations imbues en la peste d'elles-mêmes, Je les vois bien enlévrées d'une morve vilaine... Et l'on dit de moi, et je dis de moi : « Je suis Légion, je porte fenaison... » Et l'on dit de moi, et je dis de moi : « La brise en lisière, et les blés vocifèrent... » Et le fardeau m'écrase, et la procession m'épuise, Et les saisons m'envasent, et le trépas m'enlise... Texte et musique Eric K.Guerrier – août 1999 |