Elle dit : ne me regarde pas
Il y a là, dehors,
Un monstre qui crie,
Un monstre qui rit,
Un monstre qui chante,
D'une voix insolente
Et qui en appelle à l'abomination...

Elle dit : ne lui ouvre pas
Il est là, dehors,
Ce monstre qui rampe,
Et ma vue tournoyante
Ne sait rien de ses doigts
Mais ses injures, parfois,
Appellent à l'abandon...

S'il vient, sois bien docile,
Le monstre est parfois violent,
S'il vient, ne bouge pas d'un cil,
Le monstre sera content.

Elle dit : ne me parle pas
Il pourrait entendre,
Et trouver la colère
Au fond d'une dernière bière
Et pousser vers l'oubli
Tout ce qu'il a à faire
Comme dans un violon...

Elle dit : souviens-toi de moi,
De ces rêves, parfois,
Qui frôlent l'arrogance
D'une telle violence
Au goût sucré de sang,
"Humain", en attendant...

S'il vient....

Elle dit : ne te retourne pas,
Il y a là, dans l'ombre,
Des bêtes cinglantes
Dont le désir croît
Bien plus vite que toi,
Et qui en appellent
A la disparition...


Texte & musique : Alexandre George
04 juillet 2004