Je m'élève en la petite mort,
Et donc, la bordure et le corps,
J'ouvre la plus belle et cruelle danse,
La pointure, et l'humeur, et j'encense.

Je m'entends dire, je m'écoute mourir,
Je la vois venir, la très saine lumière,
Je la vois punir ma saison dernière.

Et j'ensaigne, oui, je saigne, j'abandonne,
Et je meurs, et je pleure, et j'ordonne.

Je m'élève en l'esprit petit,
Et donc, menue, la vertu polie,
J'ouvre la très haute et raide lecture,
Le regard gras, enluminures.

Je m'entends dire, je m'écoute mourir,
Je la vois venir, la très saine lumière,
Je la vois punir ma saison dernière.

Je m'élève en la garde devenue,
Et donc, une larme toute nue,
J'ouvre le jardin et la courbe ventrue,
La fleur pâle, sombre et jolie tenue.

Je m'entends dire, je m'écoute mourir,
Je la vois venir, la très saine lumière,
Je la vois punir ma saison dernière.

Je m'élève en la ligne lisse,
Et donc, sèche, puis bave et glisse,
J'ouvre la fondante fissure,
Le vis, sans refus, honore la souillure.

Je m'entends dire, je m'écoute mourir,
Je la vois venir, la très saine lumière,
Je la vois punir ma saison dernière.


Texte et musique Eric K. Guerrier – Juillet 1998