Bien sûr vous ne pourriez comprendre
Ce que cette âme était pour moi
Un parterre de fleurs d'oranges
Allongé-là tout contre moi

Ce fût par une nuit tendre
Passant par là, passant par là
Je pleurais sans me faire entendre
Pour quelque amour d'autrefois

Si le bonheur vous laisse en berne
Elle peut venir du coin des bois
Et prendre du destin les rennes
Ecoutez-là... écoutez-là... :

« Moi j'voudrais juste qu'on m'apprivoise, qu'on m'apprivoise
Moi j'voudrais juste qu'on m'apprivoise, qu'on m'apprivoise
Sans m'effrayer, sans me blesser
Sans me chasser, sans me garder »

Je la vis comme on lit un poème
Elle se coucha non loin de moi
Plus de larmes, plus de rengaines
Elle était là, elle me fit reine

Dès lors chaque jour, chaque heure
A petits pas, à petits pas
Elle vint faire oublier les haines
Et des chagrins le désarroi

Si le bonheur vous laisse en berne
Elle peut venir du coin des bois
Et prendre du destin les rennes
Ecoutez-là... écoutez-là... :

« Moi j'voudrais juste qu'on m'apprivoise, qu'on m'apprivoise
Moi j'voudrais juste qu'on m'apprivoise, qu'on m'apprivoise
Sans m'effrayer, sans me blesser
Sans me chasser, sans me garder »

Je la pris un jour dans mes bras
Ses petits yeux posés sur moi
Firent de moi la plus belle
Tu m'apprivoises, me voilà

Mais comme le vent se lève
Un jour de ci, un jour de là
Des heures d'attentes vaines
Me firent craindre le trépas

Si le bonheur vous laisse en berne
Elle peut venir du coin des bois
Et prendre du destin les rennes
Ecoutez-là... écoutez-là... :

« Moi j'voudrais juste qu'on m'apprivoise, qu'on m'apprivoise
Moi j'voudrais juste qu'on m'apprivoise, qu'on m'apprivoise
Sans m'effrayer, sans me blesser
Sans me chasser, sans me garder »

Bien sûr vous pourriez comprendre
Si la renarde pas à pas
Vous frôlait le corps et le cœur
Cette petite âme si chère à moi


Texte et musique Alexandre & Franck George – Août 2001
A Juliette Gréco