La fièvre qui bourdonne
La fièvre qui actionne
la main qui gratte

Qui rêche, ensevelie
Ô fière anomalie
titille ta rate

S'endort tout à coup
Sur une pelouse, à genoux
et vole enfin
et vole enfin

Pour incendier le monde
Pour tuer la bête ronde
lui dire sa fin
lui dire sa fin

Ô tête qui chavire
Que ne viens-tu là-bas ce matin
Toi qui soupires sans cesse que le rire
A la vie jamais ne donne rien...

Quand le soir que vomit
La couche du mari
arrive, revient

Et qu'une charogne d'abbesse
Tétanisée par la messe
produit et geint

La tête lourde encore
Je m'endors et je mords
le Dieu débile
le Dieu débile

Qui rejeta son fils
Par envie, non par malice
au monde vil
au monde vil

Ô tête qui chavire...

Ô pomme qui pourrit
Ô femme qui flétrit
viens vivre enfin

Apporte ton sourire
Apporte ton fou rire
à mon venin

Et circule et t'envole
Féconde la coupole
dépose en nous
dépose en nous

La graine de la bestiole
Dans le pot, dans la fiole
délivre un fou
délivre un fou

Ô tête qui chavire...


Texte Luc Widmaier - Musique Alexandre George - 1997