Petite pluie douce et chaude,
Et se promène le long du corps,
Le noir est d'ivoire,
J'entends saigner,
Au centre de ce cercle
De pierres dressées et fières,
Je ferme les yeux,
Je suis bercé par le souffle,
D'un vent de mort,
Lumière noire,
Le cercle prend sa source,
Par monts et par vaux,
Je m'élève dans les cieux
Pour ne t'atteindre qu'au sixième,
Grandeur et décadence,
Le monde s'écroule et grandit,
L'angle et le circulaire
Se disputent les trois faces de ces lieux,
Je vois au loin
L'extase des flammes,
Les silences se dérobent,
Le frénétique court et meurt,
Le tout et le rien
Evoquent l'attente,
Et je n'attends rien,
Ou tout ce qui saille l'extase,
Le pouvoir de dire
Le oui, le non, la réponse,
Et j'ose ne pas oser,
Oser ne pas faire,
Et ne dire que le silence,
Artifice que tout cela,
Et je crève, je lutte,
Seul, silence, loin,
Loin des sons d'outre-tombe,
Mais en outre, pas de vie,
Mortuaire, je rêve, voltiges
Liés aux refus,
Et de ne pas sentir
Je crève encore,
Voici les odeurs,
La salive, la peau,
La douceur, le corps,
Le sein, forme de sainteté,
Celle-ci voulue et réelle,
Je crève toujours,
Et toujours le refus
Dont voici l'objet,
Objet unique,
Unique et grand,
L'esprit,
Ton âme.


Texte et musique Eric K.Guerrier – juillet 1992 – en hommage à Christelle H. Nuit Bleue.