Sous le pont de nos oublis
Passent les heures et les semaines
Antidote à mes soucis
Venir boire à la fontaine

Se cacher au fond du lit
Pas de temps, pas de temps
C'est comme déboussoler la vie
Pas de temps, pas de temps

Par les faveurs de mes nuits
On joue du corps et de la manne
Mes rêves crus ensevelis
Puisent l'eau, effleurent et fanent

Déraciner à l'envie
Pas de temps, pas de temps
C'est la pâleur, la peur du lit
Pas de temps, pas de temps

Si par malheur
L'eau que tu bois te rend aveugle
Si par malheur
Cent pieds sous terre te fendent l'âme

Déjoués par l'odeur, ravies
Mes pleurs dessèchent et fondent, mâles
Leur fine fleur endolorie
Dans la chaleur perd ses pétales

Se sentir sans cesse en sang
Pas de temps, pas de temps
Ma chair est sèche et moi absent
Pas de temps, pas de temps

Amoureuse incantation
Fille de rue ma sœur funeste
Ambitieuse incitation
Embaume soûle, soulage et peste

Se figer en une pause
Pas de temps, pas de temps
C'est comme chanter quand on l'ose
Pas de temps, pas de temps


Texte Alexandre George & Luc Widmaier – musique Alexandre George – 1998